Sahel : l’or et la voix de l’AES, ce qu’il faut retenir cette semaine
Une raffinerie d'or au Burkina Faso, une grève évitée dans une grande mine malienne, une télévision commune pour l'AES : trois nouvelles qui disent la même ambition de souveraineté, et ses limites.
- Burkina Faso : l’or raffiné sur placeLa raffinerie RAFFINOR-BF annonce une capacité de 400 kg d’or par jour.
- Mali : grève évitée à Loulo-GounkotoBarrick et les syndicats ont signé un accord sur une quinzaine de revendications.
- AES : Tafouk TVLe Burkina Faso, le Mali et le Niger lancent une chaîne commune.
Au Sahel, trois pays dirigés par des régimes militaires, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont quitté la Cédéao et forment depuis l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette semaine, trois nouvelles montrent comment ils veulent mieux contrôler leurs ressources et leur image.
Burkina Faso : transformer l’or dans le pays
Le capitaine Ibrahim Traoré a inauguré le 28 septembre à Ouagadougou la première raffinerie d’or du pays, RAFFINOR-BF. Selon les chiffres officiels, elle peut traiter 400 kg d’or par jour pour un coût d’environ 11 milliards de FCFA [1]. L’objectif affiché : ne plus exporter l’or brut, et garder sur place une partie de la valeur ajoutée.
Mali : une grève évitée dans une mine stratégique
Au Mali, le groupe minier Barrick et les syndicats du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, l’un des plus grands du pays, ont signé le 21 septembre un nouvel accord collectif, rendu public le 29 septembre [2]. Il répond à une quinzaine de revendications, dont les heures supplémentaires et le remboursement de frais professionnels. Une grève était prévue fin septembre en cas d’échec [2]. Le contexte reste tendu : depuis le nouveau code minier de 2023, l’État malien réclame une part plus importante des revenus de l’or [2].
AES : une télévision pour « riposter »
Les trois pays ont lancé Tafouk TV, une chaîne commune dont le nom signifie « soleil » en tamasheq [3]. Les autorités la présentent comme une réponse à une couverture médiatique qu’elles jugent défavorable.
Notre analyse
Ces trois nouvelles racontent la même ambition : reprendre le contrôle, de l’or comme du récit. Mais elles en montrent aussi les limites. Raffiner l’or sur place ne suffit pas si les recettes ne profitent pas à la population. Les tensions avec les compagnies minières rappellent que ces pays dépendent encore d’investisseurs étrangers. Et une télévision d’État, aussi moderne soit-elle, ne remplace pas une presse libre, dans une région où plusieurs médias internationaux ont été suspendus.
Références
- Financial Afrik ; APA News, inauguration de RAFFINOR-BF, 28-29 septembre 2026.
- Shango Media, d’après Reuters et Bloomberg, « Barrick évite une grève à Loulo-Gounkoto », 29 septembre 2026.
- Africa Radio ; Telquel, lancement de Tafouk TV, septembre 2026.


