À l’ONU, Alix Didier Fils-Aimé demande à passer « de l’aide à l’investissement »
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre haïtien a promis de reprendre le territoire aux gangs, confirmé les élections du 13 décembre et appelé les partenaires à investir en Haïti.
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé s’est exprimé jeudi 25 septembre à la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Son message : Haïti ne demande pas au monde de la sauver, mais de l’aider à se sauver elle-même, et de rester à ses côtés pendant qu’elle reprend le contrôle de son destin.
Sécurité : former plus de policiers et de soldats
Le chef du gouvernement a présenté les efforts des forces haïtiennes :
- plus de 2 000 policiers ont terminé leur formation, un nombre qui doit doubler prochainement ;
- l’armée a enregistré 1 500 nouvelles recrues ;
- le gouvernement vise la formation de 15 000 soldats supplémentaires en trois ans.
« La sécurité d’Haïti doit en fin de compte reposer sur les capacités de l’État haïtien », a-t-il déclaré, selon ONU Info.
Une force internationale encore incomplète
Le Premier ministre a plaidé pour une Force de répression des gangs (FRG) pleinement opérationnelle. Autorisée par l’ONU à compter jusqu’à 5 500 membres, elle reste loin de cet effectif. « Un mandat seul ne suffit pas. Il nous faut du personnel, des moyens et de la détermination », a-t-il insisté. Le Conseil de sécurité doit se prononcer sur le renouvellement de ce mandat le 30 septembre.
Élections et économie
Alix Didier Fils-Aimé a confirmé l’objectif d’élections présidentielle et législatives le 13 décembre 2026, si les conditions de sécurité le permettent. Haïti n’a plus de président élu depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021.
Sur le plan économique, il a appelé les partenaires du pays à passer « de l’aide à l’investissement, de l’assistance à la production, de la dépendance aux partenariats ».
Une crise humanitaire toujours grave
Selon les Nations unies, environ 6,4 millions d’Haïtiens ont besoin d’aide humanitaire et près de 1,5 million de personnes sont déplacées par la violence.
En Haïti, le voyage du Premier ministre a aussi suscité des critiques, certains commentateurs jugeant son coût élevé au regard des résultats obtenus.
Sources : ONU Info ; Le Nouvelliste ; Le Quotidien 509.
