Haïti : 32 pays de l’OEA demandent le renouvellement de la Force de répression des gangs avant le vote du 30 septembre
À quelques jours d'un vote décisif au Conseil de sécurité de l'ONU, les États membres de l'Organisation des États américains réclament la prolongation de la mission internationale contre les gangs en Haïti.
Trente-deux États membres de l’Organisation des États américains (OEA), dont la Jamaïque, le Canada, le Brésil et Haïti, ont publié vendredi 26 septembre une déclaration commune. Ils demandent au Conseil de sécurité des Nations unies de renouveler le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, et appellent à augmenter le soutien international.
Un vote attendu le 30 septembre
Le Conseil de sécurité doit voter le 30 septembre sur l’avenir de cette force, créée il y a un an pour succéder à la mission multinationale dirigée par le Kenya. La FRG n’est pas une mission de l’ONU : elle est autorisée par le Conseil de sécurité mais fournie et financée par des pays volontaires.
Selon le centre de réflexion britannique Chatham House, des soldats du Kenya et du Tchad (400 militaires tchadiens arrivés en avril) forment le cœur de la force, avec un financement notamment du Canada, de l’Allemagne, du Qatar et des États-Unis. Son effectif autorisé dépasse 5 500 personnes, mais il n’est pas atteint.
« Un mandat ne suffit pas »
Le secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, a souligné que le renouvellement seul ne suffira pas : il faut aussi du personnel, des financements, de l’équipement et de la logistique. L’ambassadeur d’Haïti auprès de l’OEA, Jean Josué Pierre, a salué un message clair en faveur d’institutions de sécurité plus fortes, pour avancer vers « des élections crédibles et une stabilité durable ».
Les objectifs fixés
- rétablir l’autorité de l’État dans les zones contrôlées par les gangs ;
- sécuriser l’aéroport et le port, et rouvrir les grandes routes ;
- soutenir le désarmement et la réinsertion ;
- préparer les élections, prévues le 13 décembre ;
- respecter les normes internationales des droits humains.
Une population partagée
Une enquête réalisée en mai 2026 pour Chatham House auprès de 1 332 Haïtiens montre un sentiment mitigé : environ la moitié des personnes interrogées estiment que leur quartier est devenu plus sûr et approuvent la force, mais une majorité (54 %) doute qu’elle puisse accomplir sa mission.
Le Rapporteur suivra le vote du Conseil de sécurité mercredi.
Sources : Jamaica Observer ; Chatham House ; ONU Info.
